Report

Villages en Exil / Villages in Exile

“Senegal was particularly affected by the soaring of food prices in 2008. Currently it is now the country in Sub Saharan Africa that is most dependent for imports of rice, wheat and milk. After the independence of the country in 1960, the State has not questioned the choice to import Asian rice to feed urban populations for the benefit of the cultivation of peanuts for the export of refined crude oil. The peanut crop was introduced at the beginning of the French colonization. It is practiced by peasant families who combine grain crops and domestic livestock. Despite the attempts of development of irrigated rice production in the Senegal river valley, the food dependency of the country has worsened following the droughts of 1970 and to the liberalization of the economy. The food and agricultural crises is not new, except that they particularly hurt the villages where more than seven out of ten households live below the poverty line. / Le Sénégal a été particulièrement touché par la flambée des prix des aliments en 2008. Rien d’étonnant : il est aujourd’hui le pays d’Afrique subsaharienne le plus dépendant pour ses importations de riz, de blé et de lait. Après l’indépendance du pays en 1960, l’Etat n’a pas remis en cause le choix d’importation de riz brisé asiatique pour nourrir les populations urbaines au profit de la culture d’arachide pour l’exportation d’huile brute raffinée. La culture de l’arachide fut introduite au début
de la colonisation française. Elle est pratiquée par les familles paysannes qui l’associent avec les cultures céréalières et l’élevage domestique. Malgré les tentatives de développement de la riziculture irriguée
dans la vallée du fleuve Sénégal, la dépendance alimentaire du pays s’est aggravée suite aux sécheresses des années 1970 et à la libéralisation de l’économie.
Entamée à la fin des années 1970 par la signature d’accords d’ajustement structurel
avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, la libéralisation, censée apporter la croissance, n’a pas empêché une baisse constante de la production agricole de l’ordre de 1 % par an depuis 1980. L’agriculture demeure la source principale d’emplois et de revenus pour 60 % des Sénégalais et sa contribution au Produit Intérieur Brut du secteur primaire est encore
estimée à 55 %. Les crises agricole et alimentaire ne sont pas nouvelles, sauf que
jusqu’ici, elles frappaient particulièrement
les villages où plus de sept ménages sur dix vivent en dessous du seuil de pauvreté. En 2008 la flambée des prix sur le marché mondial n’a fait que les aggraver.”