Réduire les Tensions Électorales en République Centrafricaine / Managing Election Tensions in the Central African Republic

Presidential and legislative elections in the Central African Republic (CAR) could test the ability of national and international actors alike to keep the country stable. While armed groups will continue to hold sway in much of the country, the elections could nevertheless contribute to strengthening the state in the long term. But challenges remain: despite the February 2019 agreement between the government and fourteen rebel groups, insecurity persists in several areas of the country, and tensions between government and opposition are acute. Both should engage in dialogue to ease tensions before the elections. Neighbouring countries where Central African armed groups have rear bases should encourage those groups to abstain from violence during the poll. Finally, Russia and France should overcome their rivalry to adopt a common position if a post-electoral crisis emerges. Armed groups have already upset preparations through acts of violence and crime. It seems that most do not intend to disrupt the poll itself, but their fighting and predation have already set back the national elections agency’s work, including voter registration. Two armed groups have targeted registration operations in the country’s south east and west – kidnapping polling agents and blocking access to some areas – resulting in lower registration rates than elsewhere. / Les élections présidentielles et législatives en République centrafricaine mettent à l’épreuve la stabilité du pays ainsi que la capacité de compromis des acteurs nationaux et internationaux. Si elles ne changeront pas le rapport de force favorable aux groupes armés qui sévissent dans le pays, ces élections pourraient toutefois contribuer à renforcer les institutions publiques et l’Etat sur le long terme. La situation demeure malgré tout complexe : malgré l’accord politique de février 2019 entre le gouvernement et quatorze groupes rebelles, l’insécurité persiste dans plusieurs parties du territoire et les tensions entre le pouvoir et l’opposition sont vives. Ces deux forces devraient dialoguer pour réduire les tensions avant les élections. Les pays de la région, où les groupes armés centrafricains circulent, devraient les inciter à s’abstenir de violence durant la phase électorale. Enfin, la France et la Russie devraient surmonter leurs rivalités et adopter une ligne commune en cas de crise postélectorale. Les activités criminelles de certains groupes armés et les violences perpétrées par d’autres ont perturbé la préparation des élections. La majorité des groupes armés ne semblent pas chercher à perturber intentionnellement le scrutin, mais leurs luttes intestines et leurs activités criminelles ont entravé et retardé les opérations de l’Autorité nationale des élections (ANE), y compris l’enregistrement des électeurs. Deux groupes armés ont, quant à eux, expressément ciblé les opérations de l’ANE dans le sud-est et l’ouest du pays – enlèvement d’agents recenseurs et blocages d’accès à certaines zones, ce qui a affecté le taux d’inscription dans ces régions