Médiation Agropastorale au Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) / Agro-pastoral Mediation in the Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger and Chad)

In the Sahel region, pastoral and agricultural communities live from the natural resources they share. Their way of life is now threatened by the increasing scarcity of resources due to demographic pressure, climate change, desertification and insecurity. The survival of farmers relies on their increasingly difficult access to agricultural land. As for pastoralists, their ability to move around to feed their herds, whether seasonally or as natural resources become available, is paramount. However, the surge of armed conflicts in the region causes border closures, disrupts transhumance cycles and foments distrust among communities. Forced to cope with agricultural and social development strategies not adapted to their way of life, pastoralist communities are left to their own devices. It is in this context that competition between farmers, fisherfolk and pastoralist communities for access to water points and pastures has been politicised by the interplay of alliances with rival armed groups throughout the Sahel region. Meanwhile, military operations between jihadist groups, self-defence militias and security forces erode social cohesion, promote population displacement and stunt economic activity. Finally, the growing gap between governments and the governed, amid a lack of improvement in the socio-political and security crises in recent years, further limits the possibilities of resolving local conflicts. / Au Sahel, les communautés pastorales et agricoles vivent de l’exploitation des ressources naturelles qu’elles partagent. Leur mode de vie est aujourd’hui menacé par la raréfaction des ressources naturelles due à la pression démographique, au changement climatique, à la désertification et à l’insécurité. La survie des agriculteurs est ainsi dépendante de leur accès, de plus en plus compromis, aux terres cultivables. Quant aux pasteurs, leur capacité à se déplacer pour nourrir leurs troupeaux, de manière saisonnière ou au gré de la disponibilité des ressources naturelles, est primordiale. Mais la résurgence des conflits armés dans la bande sahélienne crée de l’insécurité, provoque la fermeture des frontières, entraîne une perturbation des cycles de transhumance et suscite la méfiance entre les communautés. Également pénalisées par les stratégies de développement favorisant l’agriculture et des services sociaux non adaptés à leur mode de vie, les communautés pastorales sont livrées à elles-mêmes. C’est dans ce contexte que la compétition opposant agriculteurs et pêcheurs aux communautés pastorales pour l’accès aux points d’eau et aux pâturages s’est politisée par le jeu d’alliances avec des groupes armés rivaux présents à travers la région sahélienne. Ceci alors que les opérations militaires opposant groupes djihadistes, milices d’autodéfense et forces de défense et de sécurité effritent la cohésion sociale, favorisent les déplacements de population et ralentissent les activités économiques. Enfin, le fossé qui ne cesse de s’agrandir entre gouvernants et gouvernés en l’absence de réduction des crises sociopolitiques et sécuritaires ces dernières années limite davantage encore les chances de résolution des conflits locaux.