Les Relations de Genre à Propos du Sel au Gandiole Une Histoire d’exploitantes exploitées / The Gender Relations about Salt at the Gandiole a History of Exploited Women Operators

"In the delta of the Senegal river, the rural community of Ndiebene is characterised by marshes which are used for the mining of salt – a resource of great economic, social and cultural importance. While salt mining in the area has essentially become feminised, control of access to natural salt reserves (specifically the Ndianiw pool) and the prescription of mining and redistribution regulations remain the exclusive competence of the high-ranking land owners known as the Jaraaf. The current transformation in terms of the rights to the marshes (from customary to private) has not been accompanied by a transfer of ownership, and the Jaraafs remain the masters of the salt. Female salt miners are exploited as a result of a lack of cooperation and dialogue, and the poor revenue they receive. The grey areas surrounding salt and salt mining regulations have led to the emergence of some opposition, particularly from certain local officials and from young and female miners, who must contend with the Jaraaf’s monopolisation both of the salt itself, and of information (particularly that of a legal nature) concerning this natural resource. / Dans le delta du fleuve Sénégal, la Communauté rurale de Ndiébène Gandiole se caractérise par la présence de mares sur lesquelles l’exploitation du sel représente une grande importance économique, sociale et culturelle. Cette exploitation s’est féminisée, bien que le contrôle de l’accès aux salines naturelles (spécifiquement de la mare de Ndianiw) et la définition des règles d’exploitation et de redistribution relèvent de la compétence exclusive d’une notabilité sociale et foncière connue sous le nom de Jaraaf. La transformation actuelle des droits sur les mares (des coutumes au droit privatif) ne s’est pas accompagnée d’une mutation des autorités (les Jaraaf restent les maîtres du sel) sur la ressource. Les exploitantes sont « exploitées » du fait de l’absence de concertation et de la faiblesse des revenus qu’elles en tirent. Cependant, la mystification du sel et de son exploitation régule l’émergence des velléités contestatrices, notamment de certains élus locaux, de jeunes et de femmes exploitantes. Au monopole de la ressource par les Jaraaf s’ajoute le monopole de l’information sur la ressource, notamment sur l’environnement juridique."