Les Milieux D’affaires et Politique vus Comme le Siège D’une Corruption Croissante au Niger/ Business and Political Circles Seen as the Seat of Growing Corruption in Niger

Adamou Moumouni

Toumane Seyni Amadou

05 Aug 2019

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The phenomenon of corruption is fairly entrenched in Niger, according to Transparency International (2018), which ranks the country 114th out of 180 countries. Faced with this scourge, the High Authority against Corruption and Assimilated Offenses (HALCIA) was set up in 2011. But despite this mechanism, corruption still rampant in the country, with 62% of Nigeriens believing it has increased, according to the most recent Afrobarometer survey conducted in the country. Nigerians refer to businessmen, police and gendarmes, as well as political leaders as the most corrupt groups in the country. On the other hand, religious leaders, non-governmental organizations (NGOs), and traditional leaders are the groups perceived as the least corrupt in Niger. Moreover, Nigerians are pessimistic about the possibility of the average citizen to fight the scourge, a perception that can be understood when it is observed that the majority of the population fears reprisals to denounce the phenomenon. But a disparity is quickly established as to the possibility that the citizen has to bribe to obtain certain advantages. The wealthiest are perceived as being more able to use bribes than the least fortunate. This state of affairs is of paramount importance, as such results provide policy makers with an essential part of their challenges, with 57% of their population believing that the government is struggling with corruption. / Le phénomène de la corruption est assez ancré au Niger, à en croire Transparency International (2018), qui classe le pays 114ème sur 180 pays. Face à ce fléau, la Haute Autorité de Lutte Contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA) a été mise sur pied en 2011. Mais malgré ce mécanisme, la corruption gangrène encore le pays, avec 62% des Nigériens qui pensent qu’elle a augmenté, selon la plus récente enquête Afrobaromètre effectuée dans le pays. Les Nigériens désignent les hommes et femmes d’affaires, les policiers et gendarmes, ainsi que les dirigeants politiques comme les groupes les plus corrompus du pays. A contrario, les chefs religieux, les organisations non-gouvernementales (ONG), et les chefs traditionnels sont les groupes perçus comme les moins corrompus du Niger. Par ailleurs, les Nigériens sont pessimistes quant à la possibilité du citoyen lambda de lutter contre le fléau, perception qui peut se comprendre quand on constate que la majorité de la population craint des représailles à dénoncer le phénomène. Mais une disparité est vite établie quant à la possibilité qu’a le citoyen à corrompre pour obtenir certains avantages: Les plus nantis sont perçus comme plus capables de faire usage de pots-de-vin que les moins nantis. Cet état de choses est d’une importance capitale, étant donné que de tels résultats précisent aux décideurs politiques un pan essentiel de leurs défis, avec 57% de leur population qui pensent que le gouvernement lutte mal contre la corruption.