La Structure de l’activité Économique du Sénégal: Un Obstacle pour un Confinement Total Face au COVID-19 / The Structure of the Senegalese Economic Activities: A Constraint for Total Containment of COVID-19

Many jobs are threatened and people without a source of income are increasingly vulnerable to the coronavirus pandemic. The implemented measures of social distancing in many countries have weakened or even wiped out small businesses as well as other businesses. In Senegal where the dependency rate was 83% in 2016 and the average age is 19 years, the issue of employment and social security is an urgent concern during this crisis. This concern is even more justified in a country where household income are mostly derived from self-employment and small-scale activities. The Afrobarometer survey, conducted in 2018, shows that self-employment is the most important source of income, because the majority of Senegalese are unemployed and poverty affect a large part of the vulnerable population. The health crisis has exposed the social security and job creation policy in place. The main types of income generating activities require interaction outside the home and community exchange are strongly ingrained within their culture. Could the Senegalese function with social distancing measures in place without leading to a humanitarian disaster? Policymakers, therefore, are faced with the need to put strategies in place which will stop the cycle of contamination of COVID-19, while also ensuring that the most vulnerable of the population can meet their basic needs./ Dans le contexte de la pandémie du coronavirus, beaucoup d’emplois sont menacés et les individus sans sources de revenus sont de plus en plus vulnérables. Avec les mesures de distanciation sociale partiellement ou entièrement en application dans beaucoup de pays, les petits commerces et affaires sont fragilisées voire anéantis. Au Sénégal, où le taux de dépendance était de 83% en 2016 et l’âge moyen est de 19 ans, la question de l’emploi et de la sécurité sociale constitue une préoccupation urgente dans ce contexte de crise. Cette inquiétude se justifie davantage dans un pays où les sources de revenus des ménages proviennent pour la plupart du travail indépendant et des petites activités génératrices de revenus. En effet, l’enquête d’Afrobarometer menée en 2018 montre que le travail indépendant est le type d’emploi le plus répandu, que la majorité des Sénégalais n’exercent pas d’emploi salarié, et que la pauvreté vécue touche une grande partie de la population – tous des facteurs de vulnérabilités qui sont accentués par la pandémie. La crise sanitaire a mis à nu la politique de sécurité sociale et de création d’emploi en place. Si les principaux types d’activités génératrices de revenus exigent des interactions en dehors des foyers et les échanges communautaires sont fortement encrées, les mesures de distanciation sociale pourraient-elles fonctionner sans entrainer une catastrophe humanitaire? Les décideurs politiques sont donc confrontés au besoin de mettre en place des stratégies adaptées au contexte pour arrêter le cycle de la contamination du COVID-19 tout en s’assurant que les populations les plus vulnérables puissent satisfaire les besoins fondamentaux au quotidien et que le secteur privé ne sombre pas dans la faillite.