La Mesure des Vulnérabilités Sociales: L’éclairage de la COVID-19 / Measuring Social Vulnerabilities: Insights from COVID-19

The Covid-19 pandemic has shed light on our knowledge of the limits of certain concepts for understanding social vulnerabilities. It invites researchers and decision-makers to distance themselves from conventional categories, and to engage in a debate on the measurement of social complexity. How many poor are there in Morocco? Poverty begins where and ends when? Do monetary and multidimensional poverties designate the same realities that only quantification differentiates by percentages? What is the relationship between poverty and vulnerability? Can these phenomena be the expression of the same reality? Who and what are we talking about when we talk about unemployment and job insecurity? Why are the incomes of many social categories not known? How heavy are the middle classes in the social pyramid? Are the approaches and definitions of social categories neutral, and to what extent do they interfere with economic and political issues? Knowledge of our social reality is faced with a difficulty: the lack of readability of social phenomena deciphered by statistics. Without statistics, society would remain opaque. But, the conventions on which they are based are all the more accepted when they are collectively debated and when the measurement methods are tested. / La pandémie Covid-19 a éclairé notre connaissance sur les limites de certains concepts pour saisir les vulnérabilités sociales. Elle invite les chercheurs et les décideurs à prendre une certaine distanciation avec les catégories conventionnelles, et à engager un débat sur la mesure de la complexité sociale. Combien y-a-t-il de pauvres au Maroc ? La pauvreté commence où et s’achève quand ? Les pauvretés monétaires et multidimensionnelles désignent-elles les mêmes réalités que seule la quantification différencie par des pourcentages ? Quel rapport y-a-t-il entre la pauvreté et la vulnérabilité ? Ces phénomènes peuvent-ils être l’expression d’une même réalité ? De qui et de quoi parle-t-on quand on évoque le chômage et la précarité de l’emploi ? Pourquoi les revenus de nombreuses catégories sociales ne sont-ils pas connus ? De quel poids pèsent les classes moyennes dans la pyramide sociale ? Les approches et définitions des catégories sociales sont-elles neutres, et dans quelle mesure interfèrent-elles avec les enjeux économiques et politiques ? La connaissance de notre réalité sociale est confrontée à une difficulté : le manque de lisibilité des phénomènes sociaux décryptés pas les statistiques. Sans statistiques, la société resterait opaque. Mais, les conventions sur lesquelles elles reposent sont d’autant plus acceptées qu’elles sont collectivement débattues et que les méthodes de mesures sont éprouvées.