Frontière Niger-Mali: Mettre l’outil Militaire au Service d’une Approche Politique / The Niger-Mali Border: Subordinating Military Action to a Political Strategy

Clashes along the Niger-Mali border have claimed dozens of lives over the past few months. For years, the circulation of weapons and increasing inter communal tensions have contributed to the region’s mounting insecurity. Since Mali’s 2012 crisis, jihadist groups have capitalized on local unrest and the state’s weak presence in northern Mali to establish a foothold and launch cross-border attacks against the Nigerien army. Efforts to curtail jihadists’ expansion have involved mostly military operations; the results, thus far, have been unconvincing. The use of militias to fight jihadists has aggravated inter communal conflict and arguably played into militants’ hands. To prevent a new insurgency in the Sahel, the Nigerien government and its Western partners should subordinate military action to a political approach that includes efforts to engage in dialogue, even with militants. They also should pursue a longer-term strategy of disarmament and reconciliation among communities along the border./ Depuis la fin du mois d’avril, les affrontements à la frontière entre le Niger et le Mali ont fait des dizaines de morts. La situation sécuritaire se dégrade depuis des années dans cette zone du fait de la circulation des armes et de la montée des tensions entre les communautés. Des groupes jihadistes ont profité des désordres locaux engendrés par la crise malienne de 2012 et de la faible présence de l’Etat pour s’implanter et attaquer l’armée nigérienne depuis le Mali. Le primat donné aux réponses militaires pour lutter contre les jihadistes n’a pas eu de résultat probant. Le recours à des groupes armés à base communautaire a accru les violences entre communautés et sans doute fait le jeu des jihadistes. Pour éviter un nouveau foyer d’insurrection au Sahel, le gouvernement nigérien et ses partenaires occidentaux devraient sortir du cadre restrictif de la lutte antiterroriste et subordonner l’action militaire à une approche plus politique, y compris en engageant un dialogue, même avec les insurgés. Ils devraient aussi mener une stratégie de désarmement et de réconciliation entre les communautés à la frontière.